Bonjour amis des Bordures,
Chers auteurs, n'oubliez pas de m'adresser vos propositions de thèmes. Maintenant, plus de vote, donc à nous tous de choisir....
Bientôt nous aurons ici, la Page d'écriture, retour de Sardent...
Thème de la semaine dans les Bordures:
"Allume, on ne voit pas ce qu'on dit "
Nouveaux thèmes, bientôt dans les Bordures
- La religion / largement partagée / de l'indifférence
Amitiés
jpr.
Vocalises
Il n’est pas nécessaire d’être aveugle
je ne l’ai pas toujours été
pour lire sur les voix
comme les sourds lisent sur les lèvres
non lire les voix
ce passe-temps
mais lire sur elles
lire dans le noir
avec d’autres yeux
sur d’autres pages
plus noires que l’encre
cela me rappelle
nos mains tendues
quand les uns vers les autres
nous tendons les mains
c’est comme si nous nous cherchions dans le noir
Il n’est pas nécessaire de se bander les yeux
vivre est une barricade
sur laquelle nous jouons
à colin-maillard
en chantant
à tue-tête
Vécu dans un poème
Vécu dans un poème
Vu des gens qui écrivaient
Vu un homme qui contait
Entendu les chanteurs
Trouvé le monde derrière les grilles
Reconnu la chanson
Ecouté les femmes
Ecouté les savants
Marché dans le noir parmi les arbres
Goûté cette guitare
Tenté une palabre
Partagé un repas
Reconnu le poète
Refermé le livre
Oublié le poème
Retrouvé le monde édenté
A n’y rien jamais comprendre
A n’y rien jamais comprendre
Jamais comprendre
© jpr 19 mai 2013
Tayo
Assez humé nos fleurs
caressé nos chimères
observez la distance
entre votre regard
et notre indignité
elle se comble hélas
du reflet de nos peurs
ah détournez les yeux
faites comme nous comme
si nous n’existions pas
Brèche
C’était un beau projet
et qui lui tenait à cœur
mettre en poème l’instant
où ce qui a été rejoint ce qui sera
Mais il ne sut jamais commencer
jamais finir
Il commença par ne plus finir ses poèmes
puis il ne finit plus ses
enf il ne fi mê pl
Kami
Ignore
l'origine
elle dure
en toi
en nous
tu es
nous sommes
parce qu'en toi
en nous
vit notre origine
Hypeuthynos
à A. B.
Je ne recherche pas mes ancêtres
crainte qu’ils me poursuivent
et me demandent des comptes
de ce qu’en mourant
et ils mouraient beaucoup
ils m’ont transmis
quant à moi
qui mourrai si peu
quel compte de quoi
pourrais-je demander
à mes descendants
Le geste du lissier
Le jour et l’heure à la tombée du métier
Je couperai moi-même le dernier fil
Je vois déjà la grossièreté du point mais sa vigueur
Dans les premières années, sa force
Voir l’homme complet ne nous est pas donné
On peut choisir et s’approcher
Etre soi-même le peintre et le lissier
Quelle prétention, allez !
© jpr 1er mai 2013
Peirêsomai
Puis je rencontrai l’abîme
Oublie le passé dit-il
Ne songe qu’à l’avenir
Tends les bras vers l’autre rive
Il crie
J’étais colère
Mordu à vif par toute insulte
L’autre dans la rue me crie
Sale vieux
Toute frontière se trouble
Hors des limites plus de corps ni vêtements ni peau
Le temps revient et ceux que j’étais
Nous observons l'injure lointaine
L’autre sa bouche crache de la haine à petite écume
Comment peut-il crier ainsi au-dessus du fleuve
Sale vieux
Que j’engloutisse toute colère, toute morsure
Regarde-moi paisible ma vie
© jpr 28 avril 2013

